Hélène's Universe

Ambassadrice de la Littérature Afro-Caribéenne

Il s’agit d’une histoire vraie-aussi vraie que possible.

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

En 1492, un navigateur nommé Christophe Colon (Cristobal Colon) pense découvrir l’Amérique. Suite à des négociations avec sa reine, la reine d’Espagne, il décide de partir en mer afin de trouver une nouvelle voie vers l’Orient, car le marin génois est persuadé de pouvoir rejoindre les deux destinations par voie maritime.

Le marin et son équipage se retrouve finalement aux Antilles où il va découvrir Un Nouveau Monde méconnu jusque-là (chez eux).

“Nous vivons côte à côte, l’Amérique ignorant l’existence de l’Europe, l’Europe ignorant celle de l’Amérique.

La rencontre avec cet Autre sera un choc, pour tous.

Mais rencontre-t-on vraiment quelqu’un quand, dès le départ, le sentiment de supériorité prévaut?

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

La princesse et reine taïno, Anacaona règnait sur l’un des royaumes d’Haïti et c’est avec grand respect, amitié et cordialité que le peuple taïno avait accueilli le navigateur et son équipage.

Pendant quelques semaines, les trois caravelles vont longer les côtes sans jamais s’aventurer à l’intérieur des terres. Les Espagnols restent sur le navire, foulent les plages, guère plus.

Les îles s’étirent en une multitude de chapelets. Les populations autochtones semblent craintives au premier abord, puis deviennent très accueillantes.

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

Les Espagnols découvrent une îles très fertiles, et organisée. Une seigneurie est présente, un système communautaire bat son plein. Mais étant venu pour conquérir les Espagnols ne voyaient que de la “soumission évidente”, là où les Taïnos étaient juste généreux et accueillants.

Guakanagarik lui a d’ailleurs offert sa coiffe de plumes. Pour Colon, c’est un signe de soumission évidente- en lui remettant sa couronne, le cacique ne lui remet-il pas son pouvoir? Cela ne lui viendrait pas à l’idée que Guakanagarik puisse être détaché de ce bien matériel et le lui offre, comme il aurait pu lui offrir autre chose, en signe de respect, de bienvenue, de future amitié.

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

Les marins espagnols vont découvrir “Ayiti” et vont finir par s’y installer et c’est là que la tragédie commença.

L’objectif des Espagnols est d’établir une colonie. De s’installer sur cette terre comme s’ils étaient chez eux.

Ce n’était pas une Découverte.

C’était une invasion.

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

Christophe Colon va repartir afin de revenir en grand nombre, et lors de ce départ il prendra avec lui un Taïnos afin de “montrer” voire exposer la population Taïno en ses terres natales. En quittant les Antilles Christophe Colon laissa son frère Bartolomé qui se mettra toute l’île à dos. Voilà ce que dira Anacaona de cette période tragique:

J’ai toujours été solaire, rayonnante. J’ai toujours recherché le soleil, j’ai toujours aimé la sensation de ses rayons cuisant ma peau comme de la terre. Mais depuis plusieurs lunes, j’ai le corps froid comme un reptile.

Même en plein soleil, j’ai l’impression d’être en permanence à l’ombre.

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

Vous savez probablement ce qui a suivit ces périodes: les Taïnos on malheureusement été tués et finalement exterminés. Et c’est à ce moment-là que le commerce triangulaire débuta, car les colons avaient besoin de main-d’oeuvre.

Je vous conseille vraiment cet ouvrage, car si vous ne connaissez pas cette belle histoire; même si très triste et révoltante; vous allez pouvoir en apprendre (ou en apprendre davantage). J’ai adoré les illustrations et le fait d’avoir une partie avec un narrateur ou une narratrice, et enfin la voix d’ Anacaona, tout cela nous permettent de vivre à cette époque et avec les Taïnos.

Je tiens à souligner également le travail de la maison d’édition: Anacaona Editions créée par “Paula Anacaona qui est éditrice, traductrice et auteure. Portant le pseudonyme de cette guerrière légendaire, elle a voulu écrire son histoire en mémoire de ces morts sans sépulture, victimes d’une politique de l’oubli et d’un projet colonial méprisant.”

Et puis, partir sur mes îles, au sein d’une Histoire peu ou très mal connue m’a beaucoup plu.

Ayiti avant Hispaniola… Ayiti… Ce seul mot, que plus personne n’utilise, est désormais chargé d’une nostalgie amère, d’une mélancolie qui fait mal…

Mais il n’y a plus d’avant.Il y a la maintenant. Et il faut agir.

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

Et puis n’oublions jamais:

Entre-temps, subtilement, progressivement, ils nous ont divisés. Ils nous ont dépossédés. Ils ont nié, quotidiennement, notre humanité: nous n’étions rien, nous n’étions personne, nous n’étions les fils de personne. Ils se sont persuadés de leur supériorité idéologique. Ils nous en ont persuadé.

Puis notre mémoire a été effacée et nous avons tout oublié.

1492, Anacaona l’insurgée des Caraïbes, P. ANACAONA, C. AMARAL

Vous pouvez donc vous procurer le roman graphique juste en cliquant ici. Et c’est sur ces mots que je vous souhaite de bonnes vacances, si vous êtes en vacances et à bientôt pour de nouvelles aventures.

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